À l’heure où la création musicale devient de plus en plus rapide, numérique et exigeante, les producteurs ont besoin d’outils capables de suivre leur rythme sans freiner leur inspiration. C’est dans cette logique que Tuva s’impose comme une solution pensée pour simplifier la gestion des samples et fluidifier le workflow en studio. Nous avons échangé avec Leonard Xander, cofondateur du projet, pour revenir sur la naissance de l’outil, sa vision et ses ambitions dans l’univers de la music tech.

Screenshot of a digital file management interface showcasing various folders and samples, including names like 'Spectrasonic Distorted Reality', 'X-Static Goldmine', and 'Norman Cook - Skip to my Lou'.


Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ? Qui êtes-vous, et quel a été votre parcours avant de créer Tuva ?

Je m’appelle Leonard Xander et j’étudie actuellement l’informatique au KTH à Stockholm. Je joue du piano classique depuis presque 20 ans et je produis de la musique depuis plus de 10 ans, donc la musique a toujours été une véritable passion pour moi. Quand Alexander Garnett, l’un de mes cofondateurs, avec qui je produisais déjà de la musique auparavant, m’a proposé de lancer une entreprise dans le secteur de la music tech, j’ai accepté immédiatement. Après quelque temps, l’idée de ce qu’est aujourd’hui Tuva a commencé à prendre forme.

D’où venez-vous, à la fois géographiquement et culturellement ? Votre environnement ou vos influences ont-ils joué un rôle dans la création de ce projet ?

Je suis à moitié allemand, à moitié suédois. J’ai grandi en Allemagne et j’ai déménagé en Suède à l’âge de 6 ans. Les Suédois ont en général un fort esprit entrepreneurial. J’ai grandi non loin de l’endroit où Spotify a ouvert son tout premier bureau, et quand j’étais plus jeune, j’entendais souvent les morceaux de Max Martin à la radio. Très tôt, il m’est apparu clairement qu’on peut accomplir des choses incroyables dès lors qu’on s’en donne les moyens.

Screenshot of a digital audio workstation interface displaying a music project with various audio tracks and a file library sidebar showing different categories and samples.

Comment est née l’idée de Tuva ? Y a-t-il eu un moment précis ou un problème particulier qui vous a poussés à créer cet outil ?

L’idée est née alors que nous expérimentions différentes méthodes de music information retrieval, c’est-à-dire l’utilisation d’algorithmes pour extraire des informations à partir de l’audio. Nous avons réalisé qu’il existait des algorithmes particulièrement performants pour différencier les instruments entre eux. En parallèle, tout au long de ma vie de producteur, j’ai toujours eu des difficultés à naviguer dans mes fichiers — tout comme Alexander, mon cofondateur. C’est donc assez naturellement que nous avons vu dans cette technologie une application concrète à ce problème.

Avant Tuva, qu’est-ce qui vous frustrait le plus dans votre processus créatif ou de production ?

C’est sans aucun doute ce moment où l’on est inspiré, où l’on a un son précis en tête, mais où l’on est incapable de le retrouver sur son ordinateur, même si l’on sait pertinemment qu’on l’a quelque part.

Et comment votre outil change-t-il fondamentalement cette relation à la création ?

Il change en profondeur la manière dont on perçoit et utilise ses samples. Tuva fait abstraction du système classique de dossiers et présente à la place tous les fichiers dans une seule longue liste, que l’on peut filtrer, trier et organiser librement selon ses besoins. Je pense que les dossiers sont excellents pour organiser ses fichiers, mais seulement jusqu’à un certain point. Lorsqu’on possède des dizaines, voire des centaines de milliers de samples, parcourir des dossiers n’est tout simplement plus viable. C’est là qu’il faut une méthode de navigation plus évolutive.

Tuva propose une nouvelle manière de parcourir ses samples. Nos modèles analysent la forme d’onde pour taguer les samples, et nous sommes capables d’identifier 64 instruments différents, de distinguer les one-shots des boucles, ainsi que de détecter le BPM. Tout cela est effectué directement sur l’appareil de l’utilisateur, donc rien n’est envoyé vers le cloud, et le traitement est aussi très rapide. L’ensemble est intégré dans une interface intuitive, simple à utiliser, sous forme d’application autonome, ce qui permet de l’utiliser avec le DAW de son choix. Notre outil permet aussi d’explorer sa bibliothèque via une recherche par similarité sonore : si vous trouvez un son intéressant mais pas tout à fait parfait, il suffit de cliquer sur “sons similaires” pour obtenir, dans votre bibliothèque, d’autres sons qui lui ressemblent.

Screenshot of a sound library interface displaying various audio files labeled with names, looping options, ambiance categories, and BPM settings.

Selon vous, qu’est-ce que les outils actuels ne comprennent toujours pas chez les créateurs ?

Nous savons que les créateurs en ont assez d’être forcés d’acheter les derniers produits sous forme d’abonnements, simplement parce que cela améliore les comptes de résultat des entreprises et augmente leur valorisation. Ce qui devrait passer avant tout, c’est la question suivante : de quoi le client a-t-il réellement besoin ? Pas ce que veulent ou exigent les investisseurs ou les propriétaires. Tout doit découler du bénéfice apporté au client. Et nous pensons que les utilisateurs sont lésés, à la fois économiquement et créativement, lorsqu’ils sont enfermés dans des abonnements coûteux et inutiles.

Et comment Tuva répond-il à ce manque ?

Tuva répond à ce problème avec un positionnement simple : un prix accessible de 25 € pour une licence à vie.

Qu’est-ce qui distingue Tuva des autres plugins ou outils présents sur le marché ? Quelle est votre vision ou votre approche singulière ?

Il existe d’autres outils qui tentent de résoudre le même problème, mais ce qui rend Tuva unique, c’est notre attention portée à deux aspects essentiels : un design et une expérience utilisateur supérieurs, ainsi que des solutions technologiques de très haut niveau. D’après nos benchmarks internes, nos modèles sont les meilleurs du marché en matière de classification d’instruments directement sur l’appareil. Et même si je peux être un peu partial, je crois aussi que notre produit est le plus esthétique et le plus simple à utiliser.

Comment s’est déroulé le processus de développement ? Quels ont été les plus grands défis techniques ou créatifs auxquels vous avez été confrontés ?

Le développement a commencé avec l’idée initiale, mais nous avons très vite obtenu une première version fonctionnelle que nous avons pu montrer à des producteurs afin de valider si l’idée était réellement pertinente. Nous l’avons même lancée assez tôt, avant qu’elle ne soit totalement prête. Le plus grand défi technique, de loin, a été l’amélioration de nos modèles de classification des sons — et c’est un travail que nous poursuivons encore chaque jour.

Screenshot of a music production software interface displaying a list of sounds similar to '771_COOK', including details like loop type and BPM.

Comment les utilisateurs ont-ils réagi jusqu’à présent ? Y a-t-il eu des retours ou des usages inattendus qui vous ont marqué ?

Les utilisateurs ont réagi de manière très positive. Ce qui m’a marqué, c’est jusqu’où certains vont pour organiser leur bibliothèque avec Tuva et vraiment se l’approprier, ce qui est formidable à voir. J’ai aussi été surpris par les retours positifs de producteurs et d’artistes plus établis avec lesquels nous avons été en contact, ainsi que par leur volonté de nous accompagner dans cette aventure. C’est incroyable.

Quelles sont les prochaines évolutions prévues pour Tuva ? Nouvelles fonctionnalités, collaborations, améliorations…

Nous travaillons activement à l’intégration de tous les types de fichiers utilisés dans le processus de production musicale. Actuellement, nous prenons déjà en charge les fichiers de projets Ableton, FL Studio et Logic Pro. Le lien entre les samples présents dans votre bibliothèque, ceux que vous avez utilisés dans vos projets et ceux que vous avez sauvegardés dans des collections permet d’imaginer une recherche encore plus précise et une expérience Tuva encore plus personnalisée.

Screenshot of a music production software interface showing a list of bounce files with playback options and file details.

Au-delà du plugin lui-même, quelle est votre vision à long terme ? Où voyez-vous Tuva dans les 2 à 5 prochaines années ?

Nous voulons faire de Tuva un acteur sérieux de l’industrie de la music tech, capable de simplifier l’ensemble du workflow de production musicale. Nous ne créerons jamais de plugins destinés à remplacer l’aspect créatif du musicien ; au contraire, nous voulons l’amplifier et éliminer les obstacles techniques. Aujourd’hui, notre objectif est d’éradiquer la friction liée à la recherche du bon sample. À l’avenir, il y aura peut-être d’autres défis que nous pourrons relever. Mais cela reste encore à découvrir.

Testez Tuva ici:
https://tuva.app

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Posted by:blendereditor

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